"L'espoir au milieu de la Destruction : L'heure est venue de s'unir contre la pauvreté"
Déclaration de l'Action contre la Pauvreté sur les implications politiques du Tsunami.


1. Le 26 Décembre 2004, un tremblement de terre d'une violence exceptionnelle a frappé l'Indonésie, et le Tsunami qui en a résulté a touché les côtes de l'Océan Indien, à la fois en Asie et en Afrique, causant des centaines de milliers de morts et affectant gravement la vie de millions de personnes dans de nombreux pays. Parallèlement au grand désespoir engendré par cette catastrophe, la vague mondiale de solidarité et de générosité publique qu'elle a déclenchée fait naître l'espoir au milieu du désastre.

2. Les destructions causées par le Tsunami n'ont pas été qu'une simple "catastrophe naturelle", mais ont été considérablement exacerbés par l'extrême pauvreté et la marginalisation, envers lesquelles les gouvernements des pays touchés mais aussi des pays riches doivent prendre leurs responsabilités.

3. Le soutien substantiel aujourd'hui promis par les gouvernements est un résultat direct des pressions exercées par les organisations des sociétés publiques et civiles partout dans le monde. Ceci démontre une fois de plus que lorsque les couches populaires s'unissent dans le monde entier contre l'injustice, elles peuvent contraindre les dirigeants mondiaux à agir.

4. Les engagements financiers significatifs qui ont été pris doivent à présent devenir réalité. Nous devons voir l'argent promis se concrétiser et être destiné à garantir que les droits des plus pauvres et des plus marginalisés sont respectés. Les membres de l'Action mondiale contre la pauvreté s'en assureront à tous les niveaux.

5. Les secours ne sont pas suffisants et un retour au statu quo laisserait les communautés les plus touchées par le tsunami dans la pauvreté. Nous avons besoin d'un virage dans les politiques nationales et internationales pour éliminer la pauvreté et atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire, ce qui concerne la justice commerciale, l'annulation de la dette, un accroissement majeur quantitatif et qualitatif de l'aide, et des efforts nationaux anti-pauvreté qui soient démocratiques, transparents, et dont on puisse rendre compte aux citoyens.

6. La forme des efforts de secours et de développement est aussi importante que les sommes d'argent dépensées dans ce sens. Des membres de l'Action mondiale contre la pauvreté ont déjà été témoins d'une discrimination dans les réponses apportées au Tsunami, basée sur des inégalités religieuses, ethniques, économiques, de caste et de genre. Toute personne impliquée dans les actions menées en réponse au Tsunami a le devoir de s'assurer qu'il n'y a de discrimination à aucun niveau, que les hommes et les femmes sont traités avec le même respect, et que toutes les personnes touchées, particulièrement les plus pauvres et les plus marginalisées, sont à même de percevoir les efforts de secours et de développement réalisés en leur nom. Une attention toute particulière doit être prêtée à la protection des enfants.

7. L'ensemble de l'aide apportée en réponse au Tsunami doit être un plus, et ne doit pas grever le budget consacré à l'aide en faveur pays les plus pauvres ; et de même que le Tsunami nécessite l'annulation de la dette en Asie, le SIDA nécessite l'annulation de la dette en Afrique.

8. Alors que la dévastation engendrée par le Tsunami a donné lieu à une couverture médiatique sans précédent, la dévastation dont souffrent l'Afrique, l'Amérique Latine et l'Asie chaque semaine en raison de l'absence permanente d'action internationale en matière de dette, d'aide et de commerce prend actuellement de l'ampleur. Afin d'éviter ce "Tsunami humain" hebdomadaire, il est nécessaire que la solidarité et la détermination présentes dans la réponse donnée au "Tsunami naturel" se manifestent dans la réponse publique mondiale. Le 1er Juillet, avant la rencontre du G8, et le 10 Septembre avant la Session Spéciale de l'ONU, des millions de personnes porteront un bandeau blanc en symbole de leur demande d'action contre la pauvreté.

9. Les tremblements de terre sont imprévisibles, mais de nombreux décès dus au Tsunami auraient pu être évités si un système d'alerte avait été mis en place. De la même façon, nous savons déjà que des milliers d'enfants vont mourir cette année de maladies qui peuvent être soignées, et que les vies de millions de gens pauvres vont être affectées par des décisions commerciales et financières prises par les dirigeants des pays les plus riches du monde. Porter des bandeaux blancs sera notre premier avertissement. Les dirigeants du monde n'ont aucune excuse pour ne pas agir.

Note:
L'Action mondiale contre la pauvreté (www.whiteband.org) est une alliance mondiale qui s'est engagée à pousser les dirigeants du monde à tenir leurs promesses, et à ouvrir une brèche dans la pauvreté en 2005. De nombreux membres de l'Action mondiale contre la Pauvreté travaillent déjà activement sur le terrain pour aider les populations touchées par le Tsunami.

Contacts: info@2005plusdexcuses.org

www.whiteband.org